KARATE JUTSU
WADOKAN
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HISTORIQUE DU KARATE JUTSU WADOKAN
(Fluctuât nec mergitur)
par P. LIGNEUL - Président du KJW - 3° DAN / DE 1 KENSHI
Maître Philippe Renault, Directeur Technique du KARATE JUTSU WADOKAN suit la démarche du véritable chercheur/expert d'essayer de tout connaître sur son art, celle du véritable pédagogue de tout vouloir transmettre et celle de l'homme accompli d'avoir réussi à intégrer et à harmoniser sa culture occidentale avec sa compréhension des traditions culturelles inhérentes à l'études des formes de combat traditionnelles du Japon. Originellement Professeur d’Arts Martiaux et Enseignant à la Faculté de Médecine (il possède 3 Doctorats et un DEA), nul doute que la décision prise en 1984 de se consacrer à plein temps à l’enseignement et à la recherche sur le KARATE, n’ait abouti à la reconnaissance de son école, la KARATE JUTSU WADOKAN (KJW), comme RYU à la FFKAMA.
Ceci étant le cheminement du Dr Renault comprend des jalons significatifs comme des essais infructueux qui tous ont contribués à augmenter sa maîtrise et le contenu de son enseignement, et ce par un retour perpétuel à la tradition et aux valeurs qu'il a acquises dans son périple. Étant entendu que le Dr Renault ne se pose pas comme l'héritier ou le fils spirituel de l'un ou l'autre des grands Maîtres Japonais qu’il a côtoyé (quoique cela lui ait été proposé), mais qu’il a su percevoir et sublimer ce qu'il apprenait à leur contact, son principal objectif restant toujours de retransmettre toutes les valeurs qu’il avait acquises à... ses élèves. D’ailleurs, le résumé qui suit des faits marquants et significatifs de l'histoire du WADOKAN, ne peut que refléter très partiellement sa complexe et intense activité dans le domaine du KARATE d’abord et dans celui des arts martiaux Japonais ensuite ; ce devait être en effet une démarche longue et difficile (HORRESCO REFERENS)...
Ses débuts en 47/48 (avec Mr LAMOTTE) pour une douzaine d’année de Boxe Française, puis la C.N. en JUDO /JIU-JUTSU en 56 (avec les Sensei De HERDT - MICHIGAMI - AWAZU ) à la FFJ, lui avait permis d’enseigner la B. F. et le JUDO à Lacretelle puis à Charlety dès l’ouverture de la section Arts Martiaux du Paris Université Club... en compagnie de Mrs Van der Wecken (3° Dan JUDO, 2° Dan AIKIDO, Entraîneur en Lutte Libre), Paul de Rocca Serra (2° Dan JUDO, Prévôt en Boxe Française) et M° Dagallier (Prévôt en Escrime). Bientôt C.N. en AIKIDO avec M° T. ABE (1958), puis C.N. de KARATE en 1962 (quand les élèves ont déserté le cours de B. F. il avait fait appel à Sensei T. MURAKAMI pour enseigner "la Boxe Japonaise"), il reçu la même année le tout nouveau D.E. de Professeur en Arts Martiaux... ce qui lui permet, muni d’un certain savoir, de partir "illico" pour le Japon, où il découvre entre autre le KARATE WADO RYU (il est présenté à M° OHTSUKA par la Princesse CHICHIBU), où il est recommandé par Mr DENNERY (le Consul de France à TOKYO) aux M° MIFUNE - TOMIKI et UESHIBA...
De retour en France, avec ses premiers collègues il fonde alors (toujours au P.U.C., mais à BULLIER) NIHON BU-JUTSU RYU (NBJR) ou sont enseignés le JUDO / JIU-JITSU de M° KAWAISHI, le KARATE de M° OHTSUKA, l’AIKIDO de M° TOMIKI, Des enseignements auxquels seront vite adjoints celui du NIHON JU-JUTSU (de nouveau reconnu au JAPON), celui des armes du JI BUGEI (BO - KEN - TANTO - TANBO), celui du KOBUDO (TONFA - SAI - NUNCHAKU), et cela au fur et à mesure de leur découverte (avec les M° SANO - ASAI - INOUE - KAI - UEHARA - MOCHIZUKI H. - SASAKI) et de leur compréhension. Un important travail restant consacré à la compilation des sources disponibles en KARATE JUTSU et WADO RYU ancien (une recherche toujours en cours). Et comme ses enseignement diffèrent de plus en plus de ceux requis pour les examens C.N. par les Fédérations de tutelle (FFJDA - FFKAMA, FFAAA), la NBJR va se détacher des "instances" nationales pour devenir avec le temps et la multiplication de ses lieux d’enseignement la FÉDÉRATION FRANÇAISE de BU-JUTSU et KOBUDO (FFBK).
Maître OTHSUKA est décédé depuis un an, tous ses assistants et hauts gradés ont chacun "pris leurs voies" et le Dr. Renault va faire de même ainsi en 1983... après de longues et stériles entrevues chez Mr Lehmanne au Ministère du temps libre de la jeunesse et des sports (dans l'espoir d'une reconnaissance de ses "enseignements" au plan national), il s’associe aux démarches initiées dans le même sens par M° Hernaez pour le TAI JUTSU et... s’affilie aux Fédérations spécifiques Japonaises (IMAF - SEIBUKAN - EJJU - YOSEIKAN), ratifiant lui-même les protocoles à KYOTO et faisant établir les équivalences FRANCE SEIBUKAN RENMEI avec SEIBUKAN ACADÉMIE (D.T. M° SUZUKI) - YOSEIKAN INTERNATIONAL (D.T. M° MOCHIZUKI MINORU) - EJJU (D.T. M° V. BELL) et I.M.A.F. (Pt: Mr le Premier ministre du JAPON)... équivalences homologuables après examens dûment référencés. Des accords qui seront dénoncés en 1988 (si on excepte le court passage de ses licenciés "JIU-JITSU" à la FFJDA) quand le Pr. Delcourt lui offre la reconnaissance de la FFKAMA pour son RYU de KARATE (re)dénommé NBJR... et après examens circonstanciés par Mrs Sauvin Gruss et Montel). Et les 65 clubs d’alors pour quelques 3500 licenciés de "signer" à la FFKAMA pour passer ensuite les grades DAN et D.E. ; le KARATE de la NBJR par définition dans son protocole, regroupant les pratiquants d'arts martiaux Japonais à mains nues et avec armes traditionnelles, d'origine YOSHIN SHINDO RYU, SHINSHU WADO RYU KENPO KARATE JUTSU, KARATE JUTSU WADO RYU et WADO KAI... qui le désirent ; son activité restant d'ordre sportif et culturel et se recommandant du KARATE FFKAMA avec un programme qui garde l'ensemble des techniques démontrées par M° HIRONORI OHTSUKA (1892-1982, 10ème DAN MEIJIN) que ce soit à la YOSHIN ou à la WADO.
En 97 avec le nouveau Directeur Technique
National Mr Didier, une refonte complète de l’organisation du KARATE
FFKAMA étant imposée, ce sera la mise en place du KARATE
JUTSU et pour la NBJR du WADOKAN (les enseignements alors
"en internes" du KOBUDO NBJR rejoignant ceux du KARATE KOBUDO FFKAMA).
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ORIGINES - SPÉCIFICITÉS - BUTS DU WADOKAN
par le Dr Ph. RENAULT - 6° DAN / D.E. 2° - KYOSHI - Directeur Technique du WADOKAN.
Le WADOKAN est issu des cursus YOSHIN SHINDO RYU et WADO RYU adaptés à la pédagogie occidentale, il reprend au plus près les "choix" fait par M° OHTSUKA, il propose une vision aussi humaniste que possible du Karaté Jutsu, il tente de transmettre ses connaissances par le biais d’un RYU traditionnel reconnu par l’autorité Française de tutelle (la FFKAMA), ce qui permet l’attribution des grades DAN en KARATE JUTSU WADOKAN et des Diplômes d’État en KARATE.
OHTSUKA HIRONORI est né le 1 Juin 1892 à SHIMODATE près de TOKYO, 1er fils de TOKUJIRO OHTSUKA docteur en médecine et neveu de CHOJIRO EBASHI un SAMOURAI. Initié très jeune au BU-JUTSU, il y démontre un intérêt certain, puisqu'à 12 ans il entre à la grande école de BUDO, la YOSHIN, dirigée par M° NAKAYAMA. Et si à 18 ans il intègre l'université WASEDA pour des études commerciales, il n’abandonne pas le BU-JUTSU qu'il étudie dans plusieurs RYU (YAGYU, TODA, comme celles qui enseignent le KENPO et/ou la médecine traditionnelle). Puis c’est le service militaire jusqu’en 1917 et il entre à la banque KAWAZAKI tout en s’inscrivant à YOSHIN SHINDO RYU sous la direction du M° KANAYA alors KYOSHI du BUTOKUKAI en BU-JUTSU et en JUDO). Enfin il fait la connaissance des M° UESHIBA et TOMIKI avec lesquels il se lie d'amitié et envisage alors (comme eux) de consacrer sa vie aux arts martiaux... mais sa famille s’y oppose. Puis son père décède, et s’il garde son emploi à la banque il fréquente assidûment les DOJO jusqu’à recevoir un diplôme en médecine traditionnelle, ce qui lui permet de quitter la banque, d’ouvrir un cabinet médical, et de continuer à... pratiquer les arts martiaux. Aussi en 1921 il reçoit des mains de son SENSEI le MENKYO KAIDEN (certificat de maîtrise qui le désigne comme successeur officiel du RYU avec le titre de SHIHAN, ce qui reste tout à fait exceptionnel vu ses 29 ans). Il se met alors à enseigner les BUDO, si ce n’était ITO un de ses amis, 5° DAN du KODOKAN, qui lui faisait savoir que M° KANO avait invité un OKINAWAIEN nommé FUNAKOSHI pour démontrer l’art martial des RYU KYU (OKINAWA TE).
Ce dernier lors de sa démonstration va le subjuguer, et M° OHTSUKA de vouloir apprendre cet art, et M° FUNAKOSHI de l'accepter comme élève (ce qui est rare, un maître en BUDO ne peut recevoir un enseignement d'un autre maître, mais vu la différence d'âge). M° OHTSUKA apprend les 10 KATA et les 5 HEIAN en 18 mois)... passe sa C.N. et devient l’assistant du maître, tout en assumant ses responsabilités d'Instructeur à la YOSHIN SHINDO. Très vite il va remplacer M° FUNAKOSHI dans ses cours comme dans les démonstrations, puis fort de ses connaissances en BU-JUTSU et en médecine, il modifie certains enseignements et certains passages de KATA qu’il estime inapplicables au combat. Il voudrait aussi développer les YAKU SOKU GEIKO dont il a hérité de la YOSHIN (séquences pré-arrangées d'attaques et de défenses qui se pratiquent à deux) et les associer aux KUMITE du KARATE pour expliciter la liaison "coup de poing * coup de pied / saisie / projection / sol" et préparer ainsi l'élève au combat ; enfin pour aller aux sources, il décide de se rendre à OKINAWA... si ce n’était cette démonstration demandée au dernier moment par M° KANO (elle doit être donnée au DOJO Impérial). Aussi renonçant au voyage, il la prépare avec M° FUNAKOSHI.
Tous deux pensent alors, que présenter un KATA ne suffit pas devant ces BUDOKA professionnels, il faut y ajouter un KUMITE conventionnel, et comme celui-ci n’existe pas dans la pratique d’alors en KARATE, c’est M° OHTSUKA qui met au point un KATA GUMITE à partir des YAKUSOKU et des TACHI DORI de la YOSHIN. La démonstration sera un succès... les techniques démontrées par M° OHTSUKA dégageant une puissance et un réalisme qui contrastent fort avec la sécheresse des KIHON GUMITE de M° FUNAKOSHI, ce qui n’est pas sans troubler les élèves de ce dernier, comme certains BUDOKA... qui s’en viennent nombreux demander à M° OHTSUKA de leur apprendre ces nouvelles formes. Avec eux il intégrera au KARATE (de M° FUNAKOSHI) qu'il estime trop rigide et incomplet, certaines techniques de combat comme les projections, clefs, et contraintes au sol dont il est un expert. En somme il veut adjoindre au KARATE toutes les ressources du BU-JUTSU, ce que M° FUNAKOSHI finalement ne peut entendre (l’enseignement doit se limiter aux seuls KIHON et KATA), et les rapports entre eux de se tendre. Pire... M° OHTSUKA contrairement au mode de combat enseigné par M° FUNAKOSHI (Blocage / Contre-attaque en GO NO SEN) propose: Esquive / Contre-attaque en TAI NO SEN (la contre-attaque pendant l’attaque) ou mieux en SEN NO SEN (l'attaque dès l’initiative d’attaque, le concept si cher à la YOSHIN RYU), enfin il préconise des rencontres sportives, des combats programmés contre plusieurs UKE, et l'utilisation des armes du JI BUGEI (BO - TANTO - KEN). M° FUNAKOSHI se refuse alors à toutes ces "déviations" et s'en vient à les reprocher à M° OHTSUKA devant les élèves... et c’est la rupture, M° OHTSUKA reprenant sa liberté et sa quête auprès d'autres experts en OKINAWA TE.
Avec Y. KONISHI, expert en KEN-JUTSU et AIKI JUTSU, ancien élève de M° FUNAKOSHI, qui cherche lui aussi la liaison entre le KARATE et les BUDO (il fondera SHINDO SHIZEN RYU et KARATE RYOBUKAI). Avec C. MOTOBU (1871 - 1944), un combattant hors pair mis à l'écart compte tenu de sa culture aussi peu Japonaise que possible, avec lequel il finalisera ses KATA GUMITE et réétudiera NAIFANSHI. Avec K. MABUNI (le futur fondateur de la SHITO RYU) avec qui il va étudier les KATA anciens et pratiquer des RYU KYU KO BUDO. Si ce n’est qu’à KYOTO pendant un festival d'arts martiaux ou il se produit, M° OHTSUKA s’entend répondre à la question "Quelle est l'origine de votre KARATE" par SHINSHU KENPO WADO RYU JIU JUTSU, pour rappeler que l'origine SHU de son école est l'esprit SHIN de la YOSHIN SHINDO datant de 1650 et dont il est l'héritier, KENPO pour préciser que l'ATE WAZA utilisé provient de chine via OKINAWA, WA pour affirmer que son but c'est la paix (peut-être aussi parce que WA est l’emblème de la famille MABUNI), un RYU... bientôt reçu par le BUTOKUKAI. M° OHTSUKA ferme alors son cabinet des oins médicaux et se consacre entièrement au KARATE pour lequel il est reconnu RENSHI en 1938 par le BUTOKUKAI (C. MIYAGI avait été élevé au titre de KYOSHI en 35, S. HIGA pour le RENSHI en 37, et G. FUNAKOSHI pour le RENSHI en 39 comme K. MABUNI).
Il développe alors certaines formes de poing en TSUKOMI qui ne sont pas sans rappeler les piques en "fente avant" aux armes blanches européennes), puis les enchaînements "Pieds / poings" (KETTE), les notions d'esquive: NAGASU (aspirer comme l'eau) - NAGASHI (pivoter sur place) - INASU (laissez passer) - IRAKI (esquiver latéralement) - KORU (esquiver en rotation) - IRIMI (esquiver en entrant)... enfin rend indispensable le NE WAZA au combat "Il faut toujours amener au sol pour contrôler". En 1942 nommé KYOSHI par le BUTOKUKAI il change le nom du RYU supprimant SHINSHU et KENPO, le premier concept faisant double emploi avec WA, le deuxième parce que outre le fait qu'il avait inclut dans le KARATE des techniques purement Japonaises et qu'il en avait écarté toutes celles dont l'intérêt ne lui était démontré, il devait donner à son école un nom purement Japonais ne faisant aucune référence à son origine Chinoise ; le logo de l'école confirmant cette attitude avec le poing fermé (synonyme de force et emblème du KARATE) encerclé par les ailes déployées d'une colombe (symbole de paix et rappel du concept Japonais WA), un logo issu du TENSHIN RYU par la YOSHIN pour lequel il semble que M° TOMIKI ait été le garant, ce dernier expliquant souvent "WA signifie Paix, mais aussi Harmonie et Accord, c'est le principe premier des arts martiaux Japonais... ne pas aller contre UKE mais avec la force adverse tout en maintenant sa propre position".
M° OHTSUKA fera partie des commissions créées dès 1924 à TOKYO ou siégeront les plus hauts gradés des divers BUDO, et en compagnie des M° NAGAOKA, MIFUNE, NAKANO, TAKAGI, SATO et HORIGUCHI (tir au pistolet), ils créeront le TAIHO JUTSU, un système d'intervention et de défense mis au point à l'usage des forces de police (le TATE TSUKI d’OHTSUKA restant la forme de poing de référence). Avec ces experts et le Major CHIBA SANSHU il créeront aussi le TOSHU KAKUTO, une méthode de Close-Combat mis en usage dans l'armée Japonaise et le KEIO JUTSU un TANBO JUTSU issu du SAYA JUTSU et du JITTE JUTSU ; dans ces trois SHIN BU-JUTSU, les ATEMI du KARATE remplaçant l'ancien ATE WAZA jugé moins efficace, et M° OHTSUKA devenant ainsi un des grands de la NIPPON KOBUDO SHINKO KAI (Fédération des Arts Martiaux Japonais). Avec la fin de la guerre (1945) quand les Alliés dissolvent le DAI NIPPON BUTOKUKAI et interdisent la pratique des arts martiaux, M° OHTSUKA doit fermer les DOJO YOSHIN et WADO, par contre il continue d'enseigner dans certains le TANBO (seule arme admise avec le JO de police), cela jusqu'en 1948 quand le KARATE pourra échapper à l'interdiction parce que (re ?) considéré par Mc Arthur comme une danse folklorique d'origine chinoise. Et si en 1951, quand le traité de paix est signé entre le Japon et les USA, la pratique des BUDO est de nouveau autorisée (exit les JUTSU comme celui des YOSHIN), quand la grande démonstration est faite dans les DOJO de JUDO, KENDO, KARATEDO, AIKIDO, KOBUDO et KYUDO pour les relancer, certains JUTSU de la YOSHIN sont associées au WADO RYU. Par contre M° OHTSUKA s'opposera toujours à la "casse" (ses mains étaient vierges de tout cal et pourtant il détenait une puissance respectable) affirmant à ce propos:
"le KARATEDO doit rester un moyen qui peut conduire l'homme intelligent à trouver son équilibre entre la satisfaction de son Ego et sa juste place dans la société... pas besoin de casse pour cela".
En 1954 M° OHTSUKA quitte la JAPAN KARATE ASSOCIATION se retrouvant encore une fois opposé à M° FUNAKOSHI et fonde l'INTERNATIONAL WADOKAI FÉDÉRATION ou il reprend l'enseignement de la médecine spécialisée dans les traumatismes causés par la pratique des arts martiaux qu'il intègre au cursus du WADO. En 1965 avec T. SUZUKI, T. ARAKAWA, H. TAKASHIMA, T. KONO, Y. TOYAMA, A. YAMASHITA, M. SHIOMITSU... il fait une tournée en Europe (qui reste gravée dans nos esprits), de même en 1970, 1972, et 1976. M° OHTSUKA meurt le 29 Janvier 1982 SAIKO SHIHAN (Grand Maître) 10° DAN couvert de tous les honneurs (il a reçu le 29 Avril 1966 de l'Empereur le KUNG GOTO SUOKO JU JUTSU SHU, la plus haute décoration des BUDO, et en 1972 le titre de MEIJIN, le plus haut grade en BUDO... généralement décerné à titre posthume) ; il avait confié à son second fils JIRO deux mois avant sa mort la direction du WADO RYU KARATEDO RENMEI.
L’héritage de M° OHTSUKA
(ce que très humblement le KJW tente de conserver) consiste donc
en:
KIHON qui permettent à l'instar
d'autre KARATE de sortir du travail en ligne.
RENRAKU WAZA ou enchaînements
spécifiques reprenant la plupart des KIHON personnalisés
(les KETTE surtout) pour lesquels il insistait sur les notions de TEN/I
(le changement de position) - TEN/GHI (l’effet de la technique) - TEN/TAI
(le déplacement de tout le corps). GOSHIN HO ou principes de défense
contre les agressions classiques, utilisant l'ATEMI d'arrêt, la projection,
le contrôle au sol, et présentés sous la forme RANDORI.
KATA d’ATE WAZA avec leurs BUNKAI, tels NAIFANCHI, PATSAI, KUSHANKU, SEISHAN
(le premier KATA de compétition de l'école) et CHINTO (le
2ème KATA de compétition). Auxquels plus tard seront adjoints
WANSHU, NISEISHI, ROHAI, KUNPU (son propre KATA) et SUPARIMPEI dernièrement.
Tous KATA qui reprenaient leurs anciens noms OKINAWAIENS. KATA de BU-JUTSU
dans leurs formes traditionnelles en BO, TAMBO, TANTO, BOKEN, et KEN. YAKU
SOKU GUMITE / KATA GUMITE / OYIO GUMITE ou séquences préparatoires
au JYU GUMITE (les balayages y tiennent une grande place), debout et à
genoux (IDORI) elles permettent l'étude de la relation avec le travail
au sol (M° OHTSUKA pour chacune de ces séquences a proposé
plusieurs formes, plus de 60, à... différentes époques,
sauf peut être pour les dix premières), leur prise de garde
en défense est à droite (M° OHTSUKA s'est inspiré
de l'art du sabre pour forger son école), et dans leur préparation,
l'attaque se fait avec le pas spécial NIGIRI ASHI utilisé
afin que UKE en soit averti le moins possible, surtout quand il est porteur
de HAKAMA). Tous les Sensei des différents WADO en ont chacun proposé
des formes souvent proches, quelque fois éloignées, mais
respectant toujours l'idée du Maître, à savoir que
chaque technique a un temps, un moment, une cadence (MA/AI = distance juste,
DE/AI = temps juste, YOSHI = cadence juste), la contre-attaque comme la
défense se fondant dans le même mouvement. BO DORI et TANBO
DORI des défenses contre bâton(s) issues de la YOSHIN SHINDO
RYU - TANTO DORI des défenses contre TANTO écrites par M°
OHTSUKA lui même. TACHI DORI des défenses contre sabre écrites
aussi par M° OHTSUKA (issues de la YAGYU et de la TODA), qu’il démontrait
à chaque TAI KAI (et qu'il fut le seul à pénétrer
vraiment !). Des textes sur le BUDO... qui restent une des sources de nos
réflexions.
Si les M° KANO et UESHIBA ont
étudié les ATEMI pratiqués dans les anciens RYU comme
ceux présentés par les Maîtres d’OKINAWA TE, aucun
d’eux ne les avait retenu dans leur SHIN BUDO. M° KANO parce qu'il
estimait qu’ils n'étaient pas sans danger même contrôlés,
gardant cependant dans sa progression JUDO KODOKAN un KATA d'éducatifs
en ATE WAZA pour la SELF-DEFENCE. M° UESHIBA parce qu'il voulait donner
une nouvelle orientation à l'AIKIDO, celle de la non violence par
essence en contradiction formelle avec ces ATEMI dont il gardait finalement
les esquisses. S’il en avait été de même pour les KENDOKA
quand les règles excluaient tous les moyen de vaincre du KEN JUTSU
pour ne garder que la touche avec le SHINAI. Si M° FUNAKOSHI avait
fait la démarche inverse avec le KARATE en ne retenant justement
que les ATEMI... Tous ces SHIN BUDO rejoignant ainsi les courants éducatifs
du moment qui voulaient offrir comme en Europe des "sports de combat" parfaitement
typés, facilitant de cette façon leur apprentissage et leur
évaluation (la BOXE sans autre moyen que les coups, la LUTTE sans
coup ni arme, l'ESCRIME sans coup, ni saisie, ni projection) ; tous ces
maîtres voulant ainsi s'éloigner de la réalité
de la rixe quand toutes ces spécificités pouvaient s’y retrouver
mêlées... M° OHTSUKA par contre prenait à contre-pied
ces "rénovateurs" en enseignant les arts martiaux dans leur totalité
et en choisissant parmi toutes les disciplines martiales qu’il connaissait
les meilleures techniques pour les (ré)associer, mêlant ainsi
l’ATE WAZA du KENPO KARATE JUTSU aux autres composants du combat libre
(la Lutte et l’escrime) comme au temps du BU-JUTSU (du Japon) et de l’OKINAWA
TE (des RYU KYU).
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LE KARATE JUTSU WADOKAN ET LES ENFANTS
Par Ph. AYMOND - 3° DAN / DE I° - KENSHI.
La pratique du KARATE JUTSU WADOKAN (ré)intègre de manière traditionnelle et à la manière de Maitre Othsuka: ATE WAZA (art des coups), NAGE WAZA (art des projections), UKEMI (art des chutes), NE WAZA (art du combat au sol), EMONO WAZA (escrime), elle offre ainsi à l’enfant un champ d’exploration très vaste quand il importe que sa forme de corps ne soit pas figée, ce qui limiterait son expérience donc son devenir.
Cette pratique offre aussi les moyens d’une éducation globale raisonnée avec:
Tous enseignements offerts par
le "Programme long KJW"... qui permet à l’enfant débutant
à l’âge de 6 ans de passer régulièrement les
grades (ceintures de couleurs et barrettes) qui vont scander et concrétiser
sa progression jusqu’à la Ceinture Noire elle-même vers 16-18
ans et selon un programme élaboré en fonction des grandes
étapes de son développement, afin de lui proposer les situations
les plus stimulantes pour son évolution ; l’emploi des armes traditionnelles
constituant un prolongement concret des techniques "mains nues" et favorisant
l’engagement physique par la grâce de la "protection / distanciation".
Un programme en résumé, dont l’objectif reste d’offrir à
l’enfant un cadre dans et par lequel il doit pouvoir développer
à son propre rythme les qualités lui permettant de devenir
un adulte selon la définition de S. Freud:
"L'adulte, c'est l'être humain
parvenu à l'indépendance tant intellectuelle qu'affective,
capable de choisir sans qu'on ait à décider pour lui à
sa place. C'est l'homme sans illusion mais non sans courage, capable d'affronter
lucidement le réel, de créer et de procréer, c'est
l'homme assez fort pour trouver son bonheur en lui-même et le partager
au lieu de le mendier".
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Par F. PLANA - Directeur Sportif KJW - 3° DAN / D.E. 1° - KENSHI.
La section sportive du KJW a pour mission de développer la compétition à travers les expressions techniques de type KARATE JUTSU et les combats libres de type KARATE KOSHIKI (KARATE contact). Ces compétitions sont ouvertes à tous les styles de KARATE et selon des modalités d’inscription identiques à celle de la FFKAMA, elles veulent offrir à tous un moyen supplémentaire pour s’épanouir techniquement, physiquement et psychologiquement (le WADOKAN peut être amené à sélectionner ses propres combattants dans le cas d’une rencontre par équipe pour des modes de combat équivalents). Ces compétitions sont spécifiquement réservées aux:
ENFANTS (garçons et filles) selon les limites d’âges déterminées par la FFKAMA (poussins, pupilles, benjamins, minimes, cadets), avec le "Combiné" associant: KATA - KIHON IPPON KUMITE - YAKU SOKU GEIKO. Ces compétitions se proposant comme une étape intermédiaire entre la compétition technique pure et le combat sportif, en tenant compte à la fois de l’âge et du sexe des participants et en respectant l’évolution psychomotrice de l’enfant dans la continuité de la progression technique mise au point par le D. T.
ADULTES à travers les compétitions techniques du type Coupe de France de KARATE JUTSU FFKAMA et les compétitions sportives du type Challenge C. HOURIEZ offertes aux C.N. avec les règles d’arbitrage WUKO en vigueur à l’exception du règlement particulier suivant: 1er Tour: Tous les compétiteurs exécutent le même KATA tiré au sort parmi KUSHANKU - NAIFANSHI - PATSAÏ devant le même jury (KATA ou homologue reconnu FFKAMA dans le style du combattant). Les 16 premiers classés disputent alors le KUMITE selon règlement WADOKAN (explicité plus loin - le 1er classé rencontrant le 16ème classé et ainsi de suite). Les 8 vainqueurs pouvant disputer le 2ème tour. 2ème Tour: Les 8 vainqueurs retenus exécutent un des deux KATA restant tiré au sort par le jury et identique pour chaque concurrent, le 1er classé en KATA rencontrant le 8ème et ainsi de suite pour le KUMITE du 2ème tour. Les 4 vainqueurs pouvant disputer le troisième tour. 3ème Tour: Les 4 vainqueurs exécutent le KATA restant, le 1er classé rencontre ensuite le 4ème classé pour le KUMITE du 3ème tour (idem pour les 2ème et 3ème). Les deux vainqueurs du KUMITE pouvant disputer la finale. Finale: Les finalistes disputent le KUMITE pour le titre.
RÈGLEMENT du KUMITE: La durée du combat est de 3 minutes pour les rencontres de qualification, la finale est de 5 minutes. Chaque combat se juge au KO ou par abandon d’un des adversaires que se soit par des techniques d’étranglements ou par des clés portées debout comme au sol. En cas de non décision au bout du temps réglementaire, les combattants sont départagés par le nombre des points qui leurs ont été attribués par les 4 juges assesseurs pendant la rencontre et selon le barème suivant: Coup de poing visage ou au corps: 1 IPPON. Coup de pied au corps: 2 IPPON. Coup de pied au visage: 3 IPPON. Coup de pied tournant: 3 IPPON. Projection avec enchaînement au sol: 5 IPPON. Si plusieurs techniques sont mise en oeuvre simultanément par les combattants, les 4 juges assesseurs comptabilisent à chacun d’eux les techniques qui leur reviennent. L’arbitrage restant défini avec 1 arbitre central dont le jugement est souverain et 4 assesseurs (1 à chaque coin). La première "sortie" est annoncée mais non sanctionnée, les autres sont sanctionnées HANSOKU (1 IPPON à l’adversaire). Restent interdites les techniques qui par leur nature mettent en danger la sécurité de l’adversaire, telles celles qui pourraient entrer (entrent) en contact avec la gorge, les yeux, la colonne vertébrale, telles les clefs à la volée. De même sont sanctionnées les interpellations déplacées, discourtoises, ou provoquantes vis à vis du jury et/ou de l’adversaire. Toutes ces irrégularités restant passibles de SHIKAKU (disqualification). Par ailleurs l’arbitre ne peut arrêter le combat avant le temps réglementaire sauf en cas de KO, d’abandon, de blessure (après décision médicale).
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LE CURSUS "KARATE JUTSU WADOKAN FFKAMA"
Les KIHON et KIHON IPPON KUMITE du
KARATE WADO RYU. Les KATA en ATE WAZA (NAIFANSHI JUTSU - PATSAÏ
JUTSU - KUSHANKU - SEISHAN - WANSHU - CHINTO - KUNPU - SUPARIMPEI - avec
leurs BUNKAI respectifs). Les KIHON KUMITE (TO JIN HO - IDORI - IKAYO -
NIKAYO - RENRAKU TE - SANKAYO - DASSURU TE - TANTO DORI YOSHIN - KODACHI
DORI). Les 5 séries de KATA GUMITE. Les JYU KUMITE et RANDORI
contre arme. Les KATA en BU-JUTSU (SHU JI NO KON DAI - KEIONO KATA - TENNO
KATANA - TANTO NO BU-JUTSU - KEN NO IAI - avec leurs BUNKAI respectifs).
Les DORI et TSUKAÏ (BO DORI,
TAMBO DORI, KEN TAI JUTSU ICHI , TANTO DORI OHTSUKA TANTO DORI YOSHIN,
TACHI DORI)
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D. T. : M° Ph. Renault 6° Dan / D.E. 2°. C.T. : Ligue de Paris: M. Aoudia 2° Dan / D.E. 1° - Ligue des Yvelines: M. Aymond 3° Dan / D.E.1° - Ligue Dauphiné Savoie: M. Catalan 2° Dan / D.E. 1° - Ligue Rhône Alpes: M. Crozet 4° Dan / D.E. 1° - Ligue de l’Essonne: M. Farriol 3° Dan / D.E.1° - Ligue Touraine Orléanais Berry: M. G. Pulby 1° Dan / IF - Ligue de Normandie: M. Le Corre 2° Dan / D.E. 1° - Ligue des Hauts de Seine: M. Plana 3° Dan / D.E. 1° - Ligue Flandre Artois: M. Houriez 2° Dan / IF - Ligue Languedoc / Roussillon: Mlle Ducroux 1° Dan / DIF.